La méditerranée est-elle devenue une poubelle à plastique ?

Dans son Rapport sur la Pollution de la méditerranée : État et Perspectives à l’horizon 2030, Mr Roland COURTEAU relève que « sur 5,7 % des terres émergées, le Bassin méditerranéen concentre 31 % du tourisme mondial (soit 275 millions de visiteurs) ». En 2008, cette activité représentait 208 milliards de dollars. De plus, le tourisme méditerranéen est également caractérisé par sa situation balnéaire. Il se concentre donc sur le littoral qui est déjà surchargé.

Bien qu’étant une activité créatrice d’emplois et génératrice de revenus, ses flux génèrent de multiples pressions sur l’environnement, notamment la transformation de la méditerranée en une poubelle à plastique. Découvrez ici le taux de pollution de la méditerranée par le tourisme et les comportements à adopter par les touristes pour la réduction de cette pollution.

Quel est l’état actuel de l’évolution de cette pollution ?

Au cours de la journée mondiale des océans qui a lieu le 8 juin 2019, l’ONG écologiste WWF a attiré l’attention des participants sur l’état d’avancement de la pollution méditerranéenne à plastique. Selon elle, 66 000 bennes à ordures de déchets plastiques seraient déversées dans la méditerranée chaque année. Cette petite mer fermée concentrerait 1,25 million de fragments par km2.

Sur les deux berges de la méditerranée, plusieurs pays sont désignés comme étant les principaux acteurs de cette pollution. Dans ce classement, on retrouve la Turquie, l’Espagne, l’Italie, l’Égypte et la France. Cet état de choses serait relatif au fait que ces pays représentent des destinations touristiques importantes en raison de leurs caractères balnéaires.
Pour ces raisons, et selon WWF, le tourisme est l’une des principales causes de l’insalubrité de la grande bleue. Il contribuerait à une augmentation de 40 % de cette pollution en matière plastique. À ce pourcentage, il faut additionner la quantité de plastiques issue de la gestion désastreuse de ces déchets. Par année, l’Europe en produit environ 27 millions de tonnes.

Quel est l’impact de cette pollution sur la vie aquatique de la méditerranée ?

Un Français a traversé le pacifique à la nage afin d’examiner le niveau de pollution en mer. Selon son rapport, les 95 % des ordures qui polluent la mer en surface comme au fond seraient plastiques. Pour ce dernier, 88 % de ces déchets ont une origine côtière. En ce qui concerne l’impact de ce type de pollution, cela reste particulièrement alarmant.

En effet, la plupart des tortues examinées renfermaient du plastique dans leur corps. Régulièrement, plus de 134 espèces aquatiques auraient déjà consommé cette matière dangereuse à leur organisme. Parmi ces animaux, on retrouve : les poissons, les dauphins, les cachalots et même les oiseaux. Il faut préciser que selon cet expert certains gros poissons auraient ingurgité des paquets de mégots ou de chips. Au même moment, il a été découvert des micro-plastiques dans les huîtres.

Comment les touristes peuvent-ils contribuer à la réduction de ce taux de pollution ?

Face à cette situation alarmante, il revient à chaque personne de réduire sa consommation de plastiques en adoptant les produits conçus avec des matériaux biodégradables ou recyclables. Pour ce faire, WWF propose de petits gestes que les touristes comme les citoyens doivent respecter pour participer à la réduction maximum des déchets plastiques rejetés dans la méditerranée et l’océan.

  • N’abandonnez pas de déchets plastiques dans la ville ou la nature. La majeure partie de ces derniers finissent dans les mers.
  • Ne faites pas usage de gobelets jetables ou de pailles. Ces produits en plastique destinés à une seule utilisation ont une durée de vie de quelques secondes, mais disposent d’une centaine d’années pour s’altérer. Ils sont à l’origine de plusieurs dégâts dans l’écosystème marin.
  • Adoptez votre propre bouteille d’eau. Demandez à savoir si l’eau du robinet est potable.
  • Allez dans les boutiques avec des sacs réutilisables. Tous les sacs en plastique qui se retrouvent dans les poubelles ne sont pas recyclés.
  • Ne laissez pas les mégots de cigarette dans la nature. Ils renferment des produits chimiques nocifs qui durent plusieurs années dans l’environnement et dans la chaîne alimentaire des espèces nautiques. Leur décomposition se fait de manière lente.

Il faut également ajouter que WWF invite l’ensemble des gouvernements méditerranéens de l’UE à la prise d’un engagement commun contraignant et de dispositions nationales pour la sauvegarde de la mer Méditerranée de la pollution à plastique, dans le cadre de la convention de Barcelone. Elle a été adoptée le 16 février 1976 et amendée le 10 juin 1995. La réunion prochaine se tiendra à Naples en décembre prochain.